mardi 28 mai 2013

Non, ce n'est pas encore le temps des cerises

Fin mai, il neige à la Chaux de Fonds ...  Nous voilà à nouveau réunis et heureux malgré le froid qui sévit en Europe, et malgré aussi avoir été délesté de nos trésors des Falkands : Notre vertèbre de baleine et nos dents de globicéphales nous ont été "piquées" par des douaniers zélés !! Shit shit shit !!!

D'autant que ces dents nous auraient peut être été utiles pour remplacer quelques chicots du capitaine ... Si on est rentré pour le kyste de Leïla, c'est bien Gab qui avait un grand besoin de soin: après infection et surinfections des dents, il nous revient avec un abcès peu ragoutant, qui perce sur la joue ! Même pas mal bien sur, mais en deux rendez vous, le dentiste est obligé de sortir les tenailles !
Le kyste (ou l'angiome ??) de Leila se fait tout petit, peut être le froid ??? Mais l'opération est quand même nécessaire, avec anésthésie générale, tout ça prévu pour le 29 Mai.

Bref, on traîne nos tongues entre Grenoble et la Chaux de Fonds en attendant ces réjouissances, et en profitant des moments en famille, de la si magnifique cuisine qu'on prépare sur le vieux continent, des bistrots, des cinémas ... et on se réjouit de bientôt redescendre dans nos penates serviannaises.


dimanche 28 avril 2013

La cerise sur le gâteau !

Après notre arrivée à Montevideo, qui nous redonne envie de naviguer et cet air chaud qui nous donne des envie d'explorer jungles, tavernes à tango endiablés et forêts, nous sommes obligés de changer les plans.
Leila a un kiste sur le sourcil depuis deux-trois mois, qui grossit de manière alarmante et atteint la taille d'une belle cerise bleu-rouge ... Plutôt que les quartiers touristiques, on visite les hôpitaux, du public au chicos, mais l'opération ici est soit pour dans six semaines, soit pour six milles euros.
On prend l'option retour au bercail pour la mam et les filles. En moins de 24h, il nous faut faire les valises et de l'ordre sur le bateau. Dommage de rentrer si tôt, surtout qu'on était en bonne compagnie, entre Alain et Claudine sur Kotick, et Hughues et Caroline sur Loick. 

Heureusement, Gab reste encore quelques temps pour préparer l'hivernage du bateau, opération qui devrait le pousser plus à l'ouest dans le Rio de la Plata, histoire de trouver le mouillage idéal pour laisser le Corcovado à l'abri des visites inopportunes et protégé des risques météo !

samedi 20 avril 2013

Des îles Falklands à l’Uruguay


L'épave du Lady Liz, qui gît devant Stanley

12 avril 17h, Stanley – Après avoir récupéré Leïla à la sortie de l’école, terminé les derniers rangements, nous quittons ce coin du monde si particulier. Les petits manchots de Magellan nous font un dernier adieu en fusant autour du bateau, eux qu’on a toujours connus si peureux en Patagonie …

18h, nous voilà en mer : longue houle, vent léger et coucher de soleil qui enflamme à l’ouest ciel et nuages d’orangés, contrastant avec les roses et bleu pastels à l’est. Nous sommes tous heureux, comme toujours au départ des traversées, avec l’espoir cette fois ci que ça ne tourne pas au glauque puisque on teste un médicament anti-mal de mer !!
Ce soir exceptionnellement, on a décidé de veiller car des dizaines de bateaux asiatiques sillonnent les eaux territoriales (jusqu’à 150 miles des côtes des Malouines) pour pêcher une espèce de calamars, qui rapporte, pour info, plusieurs millions au gouvernement chaque année. Il fait bon avoir des terres en mer !! Mais pour revenir à ces bateaux, les conditions de vie à bord sont si terribles que les marins embauchés pour deux ans sur ces engins, souvent sans rien connaître à la mer, n’hésitent pas, à l’arrivée à Stanley, à se jeter en mer (et l’eau est à 5°) pour échapper à leur engagement, préférant de loin la prison. P’t’ être bien qu’ils ne sont pas équipés de radar alors …




Mais la douce veillée romantique tourne vite au quart musclé, car le vent se lève et dépasse rapidement 40 nœuds, la houle grossit fortement, et les estomacs, se retournent !! Bienvenue pour une nouvelle traversée !
Pour couronner le tout, on s’aperçoit au petit matin que dans les manœuvres de la nuit, il  y a eu de la casse, des filières métalliques rompues notamment, et avec ça, un bout s’est déroulé en partie, et s’est pris dans l’hélice du moteur …. Tant que le vent est si fort, on ne peut intervenir. Mais si on n’arrive pas à le sortir en faisant tourner à l’envers l’arbre de l’hélice et en tirant dessus, l’autre option, moins drôle, est de plonger sous le bateau pour couper la corde sur l’hélice.
De quoi alimenter les angoisses nocturnes de madame, qui regrette amèrement pendant ses trois premiers jours d’être partie dans cette aventure avec les filles. Elles, plus confiantes, ne semblent pas touchées par ces préoccupations. Leila assure avec un moral d’enfer, laissant son imagination dériver vers les prochaines retrouvailles avec la famille et sa copine Eva. Nina est un peu plus tendue et sur les nerfs, et s’accroche aux nénés entre deux patés…
Mais le vent et la houle finissent par se calmer, le bout, millimètres par millimètres, finit par sortir et le moteur tourne bien rond … les jours passent, et au bout du 5ème jour, on se régale tous d’un premier repas, des pates bien sur !
C’est également l’occasion de fêter des températures plus clémentes ! Nous voici à 39°59min, adieu les 50ème hurlant et les 40ème rugissant …  la remontée continue au moteur car c’est calme plat coté vent, mais comme on n’est pas des extrémistes de la voile, on apprécie d’avancer en soutenant à la brise Diesel !


Montevideo n’est plus très loin, à quelques 150 miles au nord. On est en tee-shirt et lunettes de soleil, sur le pont. On commence à localiser quelques bateaux à l’AIS même si on ne les voit pas à l’œil nu, et surement que cette dernière nuit, il ne sera pas question de dormir. Ce n’est pas grave car l’excitation monte avec cette arrivée qui s’approche, et qui nous promet de nouvelles découvertes !
20 avril, les façades des immeubles de la capitale uruguayenne brillent au soleil du petit matin, ça y est, notre périple atlantique sud s’achève, retour à la terre … On est heureux, propres, reposés, bien nourris : de quoi avoir envie de remettre ça le plus tôt possible ???


La ville de Montevideo qui se découvre devant la proue du Corcovado

vendredi 12 avril 2013

Petite pause aux îles Falklands

Stanley au petit matin, la magie des couleurs du grand sud

Après notre halte fort ventée à l’île des Etats, nous continuons notre route vers les îles Falklands. Le bateau est sens dessus dessous à la première vague, et on force le cap en appuyant au moteur. Trois jours de navigation houleuse, et nous voilà arrivés !
Enfin presque, car on mouille dans une baie à 15 miles de Stanley, port d’entrée, histoire de se remettre de ces jours de jeun avec un merveilleux plat de pates, et  dormir une bonne nuit ! 

Le lendemain, tout le monde est sur le pont pour admirer les dauphins qui nous accompagnent, (Gab voit même la queue d’une baleine), et les rivages qui nous rappellent les paysages de Bretagne : plages de sable blanc, rochers et herbes jaunes qui ondulent dans le vent … on est loin de l’hostilité de la Patagonie, les reliefs sont bas et ouverts, et surtout, le ciel est bleu !

Le Corco au ponton

Débarquement à Stanley, la capitale du pays qui abrite 2000 âmes bien british et très friendly, sous des maisons toutes bien colorées. On arpente les rues avec entrain, c’est agréable, vivant, et cela nous enchante. C’est vrai qu’en comparaison, les zones habitées de Patagonie nous apparaissent empreintes de désolation et de tristesse.
Ici, on est loin de l’agitation superficielle de Ushuaïa et on est heureux de faire la connaissance de Alain et Claudine sur Kotick, qui profitent d’être seuls à bord après plus d’une année de « charter » entre le Groënland et l’Antartique, et gâtent Nina et Leila de cadeaux et d’œufs de Pâques !

Les contacts sont si sympathiques que l’on a envie de s’installer, comme l’ont fait plusieurs familles de français, comme J.Poncet des Damiens et autres personnages que l’on n’aura pas l’occasion de rencontrer. Une petite visite à l’école et Leila est directement intégrée à une classe d’enfants du même âge qu’elle, avec, en prime, une super maîtresse tout sourire, Miss Shorty !

Leila et Elianta, qui jouent du xylophone sur une carcasse
Autre magnifique rencontre, Marie-Julie et ses deux filles Isleï et Elianta, avec qui l’on passe de belles soirées, et de beaux week-end, à la découverte de la faune : colonies de pingouins tellement touchants avec leur démarche à la Charlie Chaplin et leurs bras ouverts quand ils ne sont pas en train de surfer dans l’eau.
Des troupeaux d’éléphants de mer impressionnants par leur masse et leur taille, et, enfin, moins ragoutants mais très intéressants, des dizaines de baleines –des faux orques- échouées sur une plage depuis deux mois, que Gab découpe histoire de vous ramener des souvenirs No Made in China !! 
Un chicot de baleine, c’est la classe non ???  Nous, on parcourt la plage pour trouver de belles vertèbres qu’une baleine bleue a laissé là il y a plusieurs dizaines d’année  … Gab adore qu’on ramène de petits trucs sur le Corcovado !!

Un jeune élephant de mer 
et un petit bébé ...
La pampa, pas un arbre ne pousse naturellement sur ces îles

Leila essayant de se fondre parmis les manchots papous



Trois manchots royaux en route pour l'océan, suivis d'un petit papou


Nina en plein envol



et les pinguoins de Magellan, qui s'abritent dans des terriers
et muent ...
Outre les animaux, on s'intéresse aussi aux humains, plus complexes, et on prend la mesure des vives tensions qui existent entre Argentine et habitants des Falklands.

Les jours défilent sans qu’on se lasse. Cependant, une belle fenêtre météo avec des vents du sud s’ouvre devant nous, en même temps que le début des vacances scolaires : c’est donc le bon moment pour mettre les bouts, et naviguer vers des latitudes plus chaudes. Cap donc vers l’Uruguay, à quelques 1000 miles d’ici, soit une bonne semaine de jeun … euh ... non ... de nav !

jeudi 21 mars 2013

Jusque là tout va bien

L'île des Etats

Jeudi 21 mars, fini l'été et la météo nous le fait bien savoir …
Pensant faire route directe pour les Falklands, les forts vents du nord et les conditions vraiment difficiles que l'on rencontre dans le détroit de " Le Maire " nous obligent à faire cap à l'est, au sud de l'île des Etats.
Ni la houle, ni le vent ne nous sont favorables, et l'on s'abrite dans la caleta Capitain Canépa, un renfoncement assez étroit, sous un mur de granit noir qui nous surplombe de toute sa hauteur … 400 m ??
Au fond de la crique, une petite plage, une rivière, et en arrière-plan, un gigantesque cirque rocheux.


















Le temps s'arrête pour deux trois jours : on bouquine, on se regarde des films plus ou moins intelligents, on avance les cours du Cned, on va à terre, faire des feux, griller les saucisses, cuire les patates, monter des cabanes …

Mais aujourd'hui, ce n'est plus l'été. Des rafales secouent le Corco, et nous arrachent toutes les amarres qui maintenaient l'arrière du bateau … Grosse angoisse, et l'on regarde -en priant ??? p't'etre bien - les trois amarres qui nous tiennent encore l'avant … si ça lâche, non, on ne préfère pas imaginer !

Gab remonte l'arbre, pour récupérer notre amarre
Trois heures à se battre contre des rafales de juste 30-40 nœuds. On sort l'artillerie lourde : des amarres de gros diamètre ! En même temps, on remonte à bord les amarres qui ont lachées : l'une, assez usée, s'est sectionnée, les deux autres, elles, ont tenues, mais c'est les arbres sur lesquelles elles étaient fixées qui se sont arrachés, et ce n'était pas des arbustes …
Ca nous rassure quand même, il faut donc reprendre les points d'attache. Gab se met à l'escalade, et va frapper les plus gros troncs que l'on trouve sur cette roche. Et l'on multiplie les amarres : 4 à l'arrière et 7 à l'avant, voilà, on ne peut faire mieux, tout est dehors !

Donc jusque là ... tout va bien ... quoique les prévisions donne encore force 6 jusqu'à samedi matin avec un renforcement force 7 demain dans la journée …
On attend donc avec impatience le week end !!

samedi 16 mars 2013

Cap Horn


Les hauteurs d'Ushuaïa

 Après avoir laissé Kelig à ses amours sur le ponton de Flonflon à Ushuaïa, et fêté un an de plus, nous voilà en route pour le fameux Cap Horn. 

L’ambiance est au rendez-vous, et, avec un vent de 15 nœuds d’est, on est content que ça ne souffle pas plus: les îlots sont hérissés de rochers qui ressemblent aux dents de la mer, où se déchire une belle houle d’est.
Deux heures de manœuvres le premier soir pour amarrer le bateau et pouvoir dormir en toute sécurité sur l’île de Lennox, puis, après une longue journée de voile houleuse (en témoigne le petit paté de Leila venu du fond du cœur !!), nous sommes au pied du phare du Cabo de Hornos !
Le Cap Horn
On hésite à descendre à terre, mais l’envie de voir le Corco d’en haut, de ramener quelques cailloux de ce bout du monde, et de timbrer les passeports, fait que nous mettons quand même l’annexe à l’eau.  Gab et Nina restent à bord car l’ancrage n’est vraiment pas envisageable, et nous débarquons sur l’île mythique. Des escaliers de bois et le marin en faction pour un an ici avec sa petite famille nous attendent sur la rive noire. En haut, une petite chapelle en l’honneur de Stella Maris, le phare dont l’intérieur est décoré des milles pavillons des bateaux de plaisanciers et des voiliers de charter qui arrivent à faire escale ici, et l’horizon, à perte de vue, avec au loin, bien caché au sud du passage du Drake, l’Antarctique.

 Nous voilà caphorniers, même si la légende est quelques peu démystifiée avec les moyens techniques d’aujourd’hui : zone très bien cartographiée, prévisions météo et bateau motorisé.

Les dents de Navarino, à Puerto William
Le mois de mars nous offre de magnifiques journées ensoleillées, et encore de belles rencontres au ponton du Micalvy.  Le coin est assez vivant, avec une quinzaine de bateaux (dont bon nombre de français) qui vivent de charter, et tournent de décembre à mars entre les canaux, le Cap Horn et l’Antarctique. D’ailleurs, pour ceux qui aimeraient se faire l’expédition en Antarctique, nous avons quelques voiliers à recommander chaudement plutôt que d’autres …



Pour nous, il est temps de changer de latitude, car les ponts sont gelés au petit matin, et le capitaine, qui a eu sa dose de températures négatives dans son berceau chaux-de-fonnier, veut maintenant du chaud !! L’Afrique du Sud est juste de l’autre côté de l’Atlantique, et l’on se tâte un moment pour une traversée en famille. Mais madame, en vraie mère juive angoissée pour ses filles, ne présente pas toutes les qualités requises pour l’équipier idéal ! On opte donc pour le plan initial : départ demain aux aurores pour les Falklands, à 3 jours de navigation de Puerto William, puis se sera l’Uruguay !

Alors adios Chili et Terra del Fuego, tu nous auras bien régalé !!


lundi 4 mars 2013

Puerto William - Ushuaïa

Le Corco à la bouée depuis le pont du Micalvy

Le port le plus sud du monde est particulier : C’est un bateau mythique, le Micalvi qui sert de ponton, et les voiliers s’amarrent le long de sa coque,  à couple les uns des autres.
Comme le raconte encore et si bien J. Raspail, "ce navire, venu d’Allemagne pour approvisionner le Chili en munitions à la veille de la première guerre mondiale, fut gracieusement offert au pays plutôt que de se faire couler lors de sa traversée retour par la flotte anglaise des Falklands.
Unique navire de guerre chilien des confins magellaniques, il y exerça tous les métiers : ravitailleur de phares, mouilleur de bouées, poseur de balises, sauveteur d’indiens, topographe et hydrographe, météorologue, postier, passeur, épicier ambulant, dispensateur de soins médicaux et parfois même de sacrements quand l’aumonier embarquait pour sa tournée annuelle, officier d’état civil enregistrant décès, naissances et mariages, à la fois gendarme et juge de paix, ultime secours des éleveurs, bûcherons, chasseurs de phoques, chercheurs d’or, pêcheurs de crabes qui tentaient de survivre au fond d’un fiord ou sur les pentes d’une vallée accessible par la seule voie maritime."
Yendegaïa ou l'Egypte, version patagonie
Aujourd’hui, il offre ses douches chaudes aux navigateurs qui arrivent d’Antartique ou des canaux comme nous, et surtout un petit bar où le pisco coule à flot jusqu’à l’aube. On y retrouve Peter et son voilier Shanty, et nous faisons la connaissance de Boréal et son équipage : Sylvie, Hugues, et leurs quatres enfants, avec qui l’accroche se fait parfaitement, entre adultes et gamins. Après quelques jours pour régler les histoires de paperasses, on repart en leur compagnie, direction Yendegaïa, une belle baie où vivent parmi les chevaux, José, le Gaucho (entendre le cow-boy sud américain) et la belle belge Anémie. Sous un ciel enfin dégagé, on s’offre une magnifique balade à cheval : traversée de rivière à raz des bottes, montées et descentes à flancs de montagnes, et bien sur de fous galops,  dans la pampa, Leila et Clémence excitant les chevaux comme deux Calamity Janes !! Pas d’accidents heureusement, mais après 4 heures à ce rythme, on est bien content de voir l’estancia se rapprocher et de remettre pied à terre.






Boréal part vers le nord, et nous remettons le cap vers Puerto William, en attendant une bonne fenêtre météo pour aller naviguer dans les eaux du Cap Horn. Mais elle se fait attendre, alors on largue les amarres pour l’Argentine et Ushuaïa, à une vingtaine de mile plus à l’ouest, sur la cote nord du canal Beagle.
Que dire d’Ushuaïa, plutôt une simple étape pour se ravitailler. La ville n’offre que peu de charme, sauf si on laisse le regard se porter sur les sommets qui ferment la ville au nord. De puissantes montagnes noires dressant leurs pointes, découpant ce ciel de fin d’été qui se dégage enfin.
Le Corcovado est de nouveau prêt pour une belle traversée, avec des envies d’Afrique du Sud ??? Mais pas sans avoir vu le Cap Horn quand même, pour la légende bien sur, mais aussi pour visiter les groupes d’îles alentours.