jeudi 21 mars 2013

Jusque là tout va bien

L'île des Etats

Jeudi 21 mars, fini l'été et la météo nous le fait bien savoir …
Pensant faire route directe pour les Falklands, les forts vents du nord et les conditions vraiment difficiles que l'on rencontre dans le détroit de " Le Maire " nous obligent à faire cap à l'est, au sud de l'île des Etats.
Ni la houle, ni le vent ne nous sont favorables, et l'on s'abrite dans la caleta Capitain Canépa, un renfoncement assez étroit, sous un mur de granit noir qui nous surplombe de toute sa hauteur … 400 m ??
Au fond de la crique, une petite plage, une rivière, et en arrière-plan, un gigantesque cirque rocheux.


















Le temps s'arrête pour deux trois jours : on bouquine, on se regarde des films plus ou moins intelligents, on avance les cours du Cned, on va à terre, faire des feux, griller les saucisses, cuire les patates, monter des cabanes …

Mais aujourd'hui, ce n'est plus l'été. Des rafales secouent le Corco, et nous arrachent toutes les amarres qui maintenaient l'arrière du bateau … Grosse angoisse, et l'on regarde -en priant ??? p't'etre bien - les trois amarres qui nous tiennent encore l'avant … si ça lâche, non, on ne préfère pas imaginer !

Gab remonte l'arbre, pour récupérer notre amarre
Trois heures à se battre contre des rafales de juste 30-40 nœuds. On sort l'artillerie lourde : des amarres de gros diamètre ! En même temps, on remonte à bord les amarres qui ont lachées : l'une, assez usée, s'est sectionnée, les deux autres, elles, ont tenues, mais c'est les arbres sur lesquelles elles étaient fixées qui se sont arrachés, et ce n'était pas des arbustes …
Ca nous rassure quand même, il faut donc reprendre les points d'attache. Gab se met à l'escalade, et va frapper les plus gros troncs que l'on trouve sur cette roche. Et l'on multiplie les amarres : 4 à l'arrière et 7 à l'avant, voilà, on ne peut faire mieux, tout est dehors !

Donc jusque là ... tout va bien ... quoique les prévisions donne encore force 6 jusqu'à samedi matin avec un renforcement force 7 demain dans la journée …
On attend donc avec impatience le week end !!

samedi 16 mars 2013

Cap Horn


Les hauteurs d'Ushuaïa

 Après avoir laissé Kelig à ses amours sur le ponton de Flonflon à Ushuaïa, et fêté un an de plus, nous voilà en route pour le fameux Cap Horn. 

L’ambiance est au rendez-vous, et, avec un vent de 15 nœuds d’est, on est content que ça ne souffle pas plus: les îlots sont hérissés de rochers qui ressemblent aux dents de la mer, où se déchire une belle houle d’est.
Deux heures de manœuvres le premier soir pour amarrer le bateau et pouvoir dormir en toute sécurité sur l’île de Lennox, puis, après une longue journée de voile houleuse (en témoigne le petit paté de Leila venu du fond du cœur !!), nous sommes au pied du phare du Cabo de Hornos !
Le Cap Horn
On hésite à descendre à terre, mais l’envie de voir le Corco d’en haut, de ramener quelques cailloux de ce bout du monde, et de timbrer les passeports, fait que nous mettons quand même l’annexe à l’eau.  Gab et Nina restent à bord car l’ancrage n’est vraiment pas envisageable, et nous débarquons sur l’île mythique. Des escaliers de bois et le marin en faction pour un an ici avec sa petite famille nous attendent sur la rive noire. En haut, une petite chapelle en l’honneur de Stella Maris, le phare dont l’intérieur est décoré des milles pavillons des bateaux de plaisanciers et des voiliers de charter qui arrivent à faire escale ici, et l’horizon, à perte de vue, avec au loin, bien caché au sud du passage du Drake, l’Antarctique.

 Nous voilà caphorniers, même si la légende est quelques peu démystifiée avec les moyens techniques d’aujourd’hui : zone très bien cartographiée, prévisions météo et bateau motorisé.

Les dents de Navarino, à Puerto William
Le mois de mars nous offre de magnifiques journées ensoleillées, et encore de belles rencontres au ponton du Micalvy.  Le coin est assez vivant, avec une quinzaine de bateaux (dont bon nombre de français) qui vivent de charter, et tournent de décembre à mars entre les canaux, le Cap Horn et l’Antarctique. D’ailleurs, pour ceux qui aimeraient se faire l’expédition en Antarctique, nous avons quelques voiliers à recommander chaudement plutôt que d’autres …



Pour nous, il est temps de changer de latitude, car les ponts sont gelés au petit matin, et le capitaine, qui a eu sa dose de températures négatives dans son berceau chaux-de-fonnier, veut maintenant du chaud !! L’Afrique du Sud est juste de l’autre côté de l’Atlantique, et l’on se tâte un moment pour une traversée en famille. Mais madame, en vraie mère juive angoissée pour ses filles, ne présente pas toutes les qualités requises pour l’équipier idéal ! On opte donc pour le plan initial : départ demain aux aurores pour les Falklands, à 3 jours de navigation de Puerto William, puis se sera l’Uruguay !

Alors adios Chili et Terra del Fuego, tu nous auras bien régalé !!


lundi 4 mars 2013

Puerto William - Ushuaïa

Le Corco à la bouée depuis le pont du Micalvy

Le port le plus sud du monde est particulier : C’est un bateau mythique, le Micalvi qui sert de ponton, et les voiliers s’amarrent le long de sa coque,  à couple les uns des autres.
Comme le raconte encore et si bien J. Raspail, "ce navire, venu d’Allemagne pour approvisionner le Chili en munitions à la veille de la première guerre mondiale, fut gracieusement offert au pays plutôt que de se faire couler lors de sa traversée retour par la flotte anglaise des Falklands.
Unique navire de guerre chilien des confins magellaniques, il y exerça tous les métiers : ravitailleur de phares, mouilleur de bouées, poseur de balises, sauveteur d’indiens, topographe et hydrographe, météorologue, postier, passeur, épicier ambulant, dispensateur de soins médicaux et parfois même de sacrements quand l’aumonier embarquait pour sa tournée annuelle, officier d’état civil enregistrant décès, naissances et mariages, à la fois gendarme et juge de paix, ultime secours des éleveurs, bûcherons, chasseurs de phoques, chercheurs d’or, pêcheurs de crabes qui tentaient de survivre au fond d’un fiord ou sur les pentes d’une vallée accessible par la seule voie maritime."
Yendegaïa ou l'Egypte, version patagonie
Aujourd’hui, il offre ses douches chaudes aux navigateurs qui arrivent d’Antartique ou des canaux comme nous, et surtout un petit bar où le pisco coule à flot jusqu’à l’aube. On y retrouve Peter et son voilier Shanty, et nous faisons la connaissance de Boréal et son équipage : Sylvie, Hugues, et leurs quatres enfants, avec qui l’accroche se fait parfaitement, entre adultes et gamins. Après quelques jours pour régler les histoires de paperasses, on repart en leur compagnie, direction Yendegaïa, une belle baie où vivent parmi les chevaux, José, le Gaucho (entendre le cow-boy sud américain) et la belle belge Anémie. Sous un ciel enfin dégagé, on s’offre une magnifique balade à cheval : traversée de rivière à raz des bottes, montées et descentes à flancs de montagnes, et bien sur de fous galops,  dans la pampa, Leila et Clémence excitant les chevaux comme deux Calamity Janes !! Pas d’accidents heureusement, mais après 4 heures à ce rythme, on est bien content de voir l’estancia se rapprocher et de remettre pied à terre.






Boréal part vers le nord, et nous remettons le cap vers Puerto William, en attendant une bonne fenêtre météo pour aller naviguer dans les eaux du Cap Horn. Mais elle se fait attendre, alors on largue les amarres pour l’Argentine et Ushuaïa, à une vingtaine de mile plus à l’ouest, sur la cote nord du canal Beagle.
Que dire d’Ushuaïa, plutôt une simple étape pour se ravitailler. La ville n’offre que peu de charme, sauf si on laisse le regard se porter sur les sommets qui ferment la ville au nord. De puissantes montagnes noires dressant leurs pointes, découpant ce ciel de fin d’été qui se dégage enfin.
Le Corcovado est de nouveau prêt pour une belle traversée, avec des envies d’Afrique du Sud ??? Mais pas sans avoir vu le Cap Horn quand même, pour la légende bien sur, mais aussi pour visiter les groupes d’îles alentours. 

mercredi 20 février 2013

Puerto Natales – Puerto William

15 février, ou ce qui correspond coté hémisphère nord à notre 15 aout: 7° dans la cabine, 5° dehors, et il est quand même 9h du matin: ah … l’été austral !! Seul les descendants d'québécois s'y risqueraient en culotte !

Depuis Puerto Natales, les jours s’écoulent comme la pluie et les cascades qui tranchent la roche de toute part. Heureusement, on parcourt tous ces magnifiques coins du bout du monde le vent dans le dos, et le Corcovado avance bien, les voiles en ciseaux et le capitaine fier de sa monture !
Depuis Puerto Natales à Puerto William, quelques 500 miles entrecoupés de mouillages tous uniques, avec quelques petites anecdotes:
Puerto Profundo à l’entrée du canal Magellan où des pêcheurs nous jettent sur le pont en pleine navigation, trois beaux merlus, contre six bières !

Au mouillage sur l’Isla Tamar, on se réveille en pleine nuit car notre ancre ne tient pas, et on veillera jusqu’à l’aube pour lever le camp et s’enfiler dans le Magellan. Ambiance magique, chargée d’histoire et hostile avec une grosse houle et des vents de 30 nœuds par l’arrière, un ciel qui touche la mer, métallique, entre l’écume des vagues qui déferlent ….  près de 500 ans ont passés depuis que Magellan l’a « découvert » !
Dans la caleta Notch, sur les rives du Magellan, les vents se déchainent en pleine nuit, le Corcovado se bat, évite, bien tenu par des amarres à terre, mais une rafale retourne notre dinguy comme une crêpe, moteur dans l’eau, et matos au fond de l’eau … et on ne s’en apercevra qu’au petit matin.
On continue la descente dans le canal Magellan : canal Tortuoso, bahia Mussel sur l’île Carlos Tres où l’on ne désespère pas de voir des baleines … Notre machine-à-envoyer-des–mails-via-la-radio nous lâche définitivement après plusieurs jours de pétouillage. Alors, pour éviter à nos chers familles et amis de longues nuits d’insomnies voire des ulcères d’estomac, nous nous déroutons vers Punta Arenas pour faire passer l’info.
Mouillage à Bahia Mansa, à quelques encablures de Puerto del Hambre, le tristement célèbre campement où le royaume d’Espagne a voulu y fonder une ville. Sous le commandement de l’amiral Sarmiento de Gamboa, 25 navires quittèrent l’Espagne en 1581, avec à leur bord des milliers de gens représentant tous les corps de métier et un royaume en kit (dixit J.Raspail dans Adios, Tierra del Fuego).
Après un voyage de plus de 2 ans qui compta des désertions, mutineries, rivalités, tempêtes, rendez-vous manqués, abandons, trahisons, retards, fortunes de mer, c’est seulement 5 navires qui jetèrent l’ancre dans le détroit de Magellan, et y débarquèrent cinq cent colons, parmi lesquels trente femmes et vingt-trois enfants. Trois ans après, il ne restera qu’un seul survivant, tous seront morts de faim, mangés aussi par le froid, l’humidité, le désespoir, la folie.
Après une journée à Punta Arenas que nous atteignons en stop car le mouillage est à quelques 70 km (mais l’autostop, ça va beaucoup plus vite que la voile !!), on remet le cap plein sud direction le canal Magdalena. On mouille dans le Seno Chico, avec une session pêche aux glaçons ! Rien de tel qu’un petit Iceberg dans son verre de blanc, par ses températures estivales !!!

Le glacier tombe dans la mer et la parsème de blocs sculptés par le vent, et l’on navigue dans cette ambiance avec prudence car certains pourraient abimer l’hélice voire la coque. Des cormorans nous survolent de près, c’est qu’on arrive au pied de leur colonie. Les petits ont grandi depuis l’estero la Montañas, mais ils restent quand même des êtres fragiles (vas-y BB !!) et un vrai vautour se régale de viscères devant nos yeux et ceux du petit frère qui du coup, s’est éloigné du nid et attend sagement en espérant qu’un seul petit suffise à combler la faim du squatter …
Après cette halte magnifique, un petit bout plein Ouest nous attend : le Canal Cockburn et la sortie sur le Pacifique. Le Mont Sarmiento se dévoile dans notre dos, des bancs de petites écrevisses orange mettent de la couleur dans l’eau, et nous atteignons l’Océan avec un vent d’Est, c’est rare et nous en profitons : passée la grosse houle du Pacifique, on fête ça avec quelques rhums bien fuerte, et l’amarrage dans la caleta Brecknot devient assez comique : Gabriel nous fait d’abord un  jeté-glissé-sauté et atterri heureusement et sans mal dans le dinguy plutôt que dans les eaux glacées … Il faut dire que la marée est basse, la branche de l’arbre haute et la roche bien glissante …
Kelig bat le record de vitesse, pour accrocher l’autre amarre … 20 min, et invente un nouveau concept de nœuds de chaise, qui tiendra heureusement !
Le lendemain, à nouveau frais comme des merlus, on se fait une belle balade entre deux averses, avec toujours des vues magnifiques sur cette côte découpée, ces gammes de verts mouillés qui brillent, et le Corco, bien amarrés dans cet écrin d’eau, de végétation et de roche.


Nous descendons encore sud, en route vers le canal Beagle. Bahia Desolada, canal Ballanero. On mouille dans une caleta sur l’isla del Medio, déjà occupé par un bateau de pêcheurs. Mais il y a de la place, et on s’endort tranquillement. 5 heures du mat, un gros coup sur la coque … oh non … il va falloir sortir de sous les couvertures, s’habiller, se geler les mains sur les bouts froids et mouillés,  …  mais non, pour nous, tout va bien, c’est le bateau de pêche qui a bougé et vient taper contre notre coque … en jouant sur la longueur de nos amarres, on s’éloigne d’eux histoire de « finir » notre nuit sans stress !
Nous sommes dans le bras nord-ouest du canal Beagle, et l’on visite :
Seno Ventisquero au nord, avec ses trois magnifiques glaciers, ses eaux parsemés d’iceberg, et la visite d’un joli petit renard sur la plage, qui s’approche à quelques mètres de Leila, pendant sa récré qu’elle passe, seule, sur le rivage, en pleine création LandArt !
Caleta Cinco Estrellas, dans la bahia Tres Brazos, un écrin de vert, de roche et de cascades  passé un étroit goulet… mais la pluie et le froid sont toujours au rendez-vous, et c’est bien abrité dans le Corco, les vitres embuées que l’on essaye de profiter de ces magnifiques paysages …
Seno Pia, son entrée toute étroite, ses glaciers qui arrivent de toute part, et une belle éclaircie qui nous laisse le temps de faire une bonne grimpée pour admirer le paysage. Ici les pins parasols sont des pins parapluies …. 






Les deux bras du Beagle se rejoignent. Nous sommes dans les 55° sud, les températures sont vraiment basses et les sommets se poudrent de neige chaque matin plus près de nous et du niveau de la mer …

Ushuaïa et Puerto William ne sont plus qu’à quelques dizaines de milles, les papiers du bateau ne sont en ordre que jusqu’au 19 février, et nous n’avons pas déclaré Kelig ... alors, vu que nous avons tous besoin (et on en rêve) d’une bonne douche chaude après ces trois semaines de chaussettes mouillées, on se fait une grosse journée de navigation, avec toujours ce vent arrière soutenu que l’on capte les voiles en ciseaux …  A nous Puerto William, et les problèmes administratifs ???

vendredi 8 février 2013

Petit détour imprévu

Non ce n'est pas le Corcovado
Ce vendredi 8 février, nous voici à Punta Arenas .... oui, un petit détour imprévu car notre modem pour envoyer des mails depuis la radio est en panne, nous empêchant de tranquiliser famille et amis via nos messages réguliers !
Du coup, on oriente notre route vers le nord, et nous rejoignons Port la Famine, petite baie située à 60 km au sud de Punta Arenas, mais desservie non loin de là, par la route vers la civilisation.
En 30 min de marche et un peu d'auto-stop, nous voilà tous à l'abri de la pluie, au chaud dans un petit café Wifi de Punta Arenas ! Alors, avis à tous, il nous sera peut être impossible d'envoyer et de recevoir des mails jusqu'à notre arrivée à Puerto William, d'ici normalement 3 semaines à 1 mois. Question sécurité, on devrait trouver ici de quoi recharger notre téléphone satellite qui ne nous a jamais servi jusque là ... 
  

jeudi 24 janvier 2013

l'été austral ... enfin !


Après ce mois de décembre très très pluvieux, le mois de janvier nous offre de magnifiques journées ensoleillées que Diego aurait bien méritées, mais qui profitent à nos deux équipières !

Pour leurs trois semaines de "vacaciones", on décide de rester aux environs de Puerto Natales; entre le parc du Torres del Paine et les fiords alentours, il y a bien à faire, et on est sur comme ça d'être à bon port pour la date de retour.

Après une nuit agitée à Port Laforêt (le mouillage le moins pire qui fait face au bourg de Puerto Natales) car le Corco dérape et se retrouve, l'ancre pendante, dans le canal, Gab nous concocte un ancrage cyclonique: double ancre et plus de 60 m de chaîne, de quoi laisser le Corco au mouillage l'esprit tranquille, malgré les rafales de vent qui soufflent à près de 100 km/h ...
Direction le parc du Torres de Paine, avec ses tours mythiques qui attirent chaque année des milliers de touristes de tous les continents, et cela malgré le risque de se retrouver dans les nuages et sous la pluie et pour quelques centaines d'euros la nuit !
les tours mythiques et ruisselantes !!

Certains que notre bonne étoile nous assurera des jours de marche inoubliables, on fonce, et c'est la pluie qui nous accueille, à peine sortis du bus ! La randonnée jusqu'au pied des Torres se fait au pas de course car après une demi-heure nous sommes trempées jusqu'aux os, entre la sueur et la pluie, et la température est tellement basse que nous grelotons au moindre arrêt.
Les trois superwomans au pied des Torres ... et on y voit bien le pied
Après ces jours de marche qui nous rappellent notre jeune âge (ahhh, ces vieilles de 40 ans !! et c'est la parisienne qui s'en sort le mieux !!!), retour sur le Corco où le stationnement assis et le confinement a enfin du bon ... on se remet de nos petites entorses, tendinites ... en profitant, assis sur le pont ou à la barre, des paysages grandioses: direction l'estero Montañas, un fiord étroit qui s'étire sur  plus de 50 km de longueur. Certains y ont passé 3 semaines sans voir la cime d'une montagne ... nous, on se régale des glaciers qu'on voit parfois de trop près, des colonies de cormorans, des williwaw qui se déchaînent parfois, et sont très jolis vus d'une petite caleta bien abritée !!
Contente de passer la main question écriture à un oeil tout neuf, je laisse la parole à Béné pour raconter ces moments:
Le Corco mouille à la Caleta Mist, une petite crique entourée de deux glaciers incroyables : au Sud de la Caleta, nous pouvons faire une belle petite rando qui nous amène quasi au bord du glacier, où nous venons perturber la vie d'une centaine de canards. Nina a choisi l'option sieste. Leila a elle décidé de laisser une trace de notre passage : un petit cairn se trouve donc désormais dressé en face du glacier ; que le prochain qui y laissera sa pierre se fasse connaître !

L'après midi, après des calculs savants pour les marées, nous filons dans le dinguy piloté d'une main de maitre par Gab vers le glacier du nord de la caleta. Là, ce sont des centaines de cormorans, dont plein de petits, que nous venons déranger. Nous sommes à quelques mètres du glacier, encore une fois tout seuls ; le spectacle est à couper le souffle....


Après avoir exploré Las Montanas jusqu'au bout, nous filons vers le canal Santa Maria, et en particulier la Caleta Mousse. Encore un mouillage protégé et magnifique, entouré de montagnes, et une nouvelle occasion de rando ... qui nous permet de comprendre le nom de la Caleta : nous marchons le plus souvent sur des matelas de mousses de toutes les couleurs ; certaines "compositions" sont magnifiques ! Cette fois Nina est à fond : hors de question d'aller dans le porte-bébé ! Elle aide sa sœur à ramasser des copihues pour la couronne de la galette qu on avait failli oublier... 
Que dire encore de ces 3 semaines ? On aurait pu etre frustrés de ne pouvoir se faire des ventrées de ces moules géantes - repas des Alakalufes qui en ont laissées des montagnes par endroit -  que nous avons vu partout, mais qui peuvent être toxiques, marée rouge oblige.
Mais non, car le Capitaine est un excellent cuisinier... tout comme Gaëlle qui nous concocte quelques fameuses recettes martiniquaises... Autrement dit, ce furent aussi 3 semaines de haute volée au plan gastronomique.
18 janvier 2013, c'est bientôt le moment de se séparer. Nous profitons une dernière fois d'un ciel extraordinaire.... Nous n'en aurons pas manqué. Je n'avais pas mesuré avant de venir quelle superbe occasion  cela représentait de venir voir Naima, Gabriel et les niñas en Patagonie ; je le mesure ô combien maintenant ! Alors un immense merci à vous pour ces trois semaines véritablement exceptionnelles !

petit shampoing ... ça sent le retour à la civilisation
 Et nous, la famille Corco, on est bien triste de laisser partir nos super-matelotes, qui ont rempli le bateau de rire, de sourire, de longues parties de coinches, les yeux brillants et l'appareil photo en action ! Et qui nous ont aussi bien aidés pour les manœuvres d'amarrages, d'ancrages, et de changement de voile dans cette Patagonie bien mystérieuse et surprenante quant à ses vents, ses marées et ses courants !




Alors, dans l'élan, on met une petite annonce pour embarquer un ou une équipière pour la suite du voyage, et, c'est Kelig, qui navigue habituellement dans les airs, qui devrait nous rejoindre ces prochains jours !

On devrait donc quitter Puerto Natales d'ici fin janvier, direction le canal de Magellan, puis le canal Beagle, et prochain rendez vous avec la civilisation:  Puerto William et Ushuaïa !!

vendredi 4 janvier 2013

Puerto Eden - Puerto Natales



Après Puerto Eden, où nous laissons notre ami Peter, en rade avec des problèmes de moteur, nous continuons notre route vers Puerto Natales. Les journées sont longues et pluvieuses, alors on les passe à naviguer, puisqu’il nous reste encore 300 miles à faire et seulement une petite semaine pour arriver à Puerto Natales à temps pour que Diego puisse prendre son vol, et aussi être au rendez-vous pour l’arrivée de Gaëlle et Béné.

La caleta qui nous abrite le 24 décembre s’appelle « Moonlight shadow », et, pour la première fois depuis début décembre, nous voyons la lune ! D’abord parce que le ciel se découvre enfin et puis que, veillée de Noel oblige, nous nous couchons après le soleil, ce qui est dur ici (enfin, pour des poules comme nous) puisque, jusqu’à 22h30 – 23 h, il fait jour !!


On marque ce grand jour de fête en faisant chauffer des casseroles d’eau (de mer) dès que le bateau est amarré, et les filles ont le droit à un bon bain, pendant que nous préparons apéro et repas de fête : crabe délicieux, poisson en papillote et dessert, le tout arrosé d’un petit rhum …






Le lendemain au réveil, ça brille dans les yeux de Leila et Nina à la vue des cadeaux qui les attendent, mais ça brille aussi pour nous dans le ciel : le SOLEIL, enfin !!! Du coup, on se fait une belle marche sur les hauteurs avec une vue magnifique sur les différents chenaux et montagnes alentours.

Le temps restant au beau, on se fait un beau feu sur le plateau qui domine le coin, avec tous les papiers cadeaux et le bois morts ramassés de ci, de là, et on grille saucisse, patate et maïs !!
Puis, au petit soir, on reprend quand même la route, enfin la mer, et on est de suite accompagné pendant une bonne heure par quatre otaries qui jouent les dauphins à coté de nous : elles sautent et tracent à 8 nœuds, en nous jetant parfois des regards curieux ! Ca nous change des dauphins, et on se régale de les voir évoluer avec tant de facilité et d’agilité ! 



Le 27 décembre, après une magnifique journée à la voile, et quelques 1000 miles depuis Puerto Montt, nous arrivons à Puerto Natales. Le soleil est toujours de la partie et on se fait encore une belle marche, avec le Torres del Paine à l’horizon !
Puis c’est l’heure du départ pour Diego, et on le regrette tous déjà ! Mais on n’a pas le temps de s’attrister car nos deux super nanas arrivent le lendemain, après quelques inquiétudes entre les retards d’avions, les bus pleins et les sms qui ne passent pas toujours …
Le 31 décembre, sous un magnifique ciel bleu, nous levons l’ancre et nous nous enfilons entre des montagnes majestueuses et des glaciers bleus acier pour l’Ultimo Esperanza ! Le panorama est grandiose, et le coucher de soleil illumine les sommets enneigés et les nuages de teintes subtiles, avec des bruits de tonnerre en toile de fond, surement des pans de glaciers qui se fracassent dans les vallées, ou des départs d’avalanches …  ça aurait pu être pire pour fêter la nouvelle année, non ??
D’autant plus que Béné et Gaëlle sont venues les sacs chargés de bonnes choses : foie gras et champagne,  en plus de pleins de cadeaux et des lettres de la famille, et de la bonne musique ! On arrive même à danser dans le carré !!
Alors pour nous l’année commence parfaitement, et on vous la souhaite vraiment aussi bonne !!